Pourquoi les Bituriges Vivisques
On nous demande souvent pourquoi notre convivium porte ce nom bizarre: je vous invite à lire cette histoire
Bordeaux se situait sur la voie naturelle du transport des denrées entre Méditerranée et Angleterre : l’étain venait du nord et le vin et autres denrées alimentaires de la Méditerranée. Car les Bituriges Vivisques boivent le vin italien et le vin de Narbonne, au Ier siècle. Lassés de payer aux negatiores romains des taxes et des droits de passage élevés sur les vins de Gaillac transportés par les amphores de Montans, ils prennent en main ce commerce très lucratif ainsi que les autres importations, se transformant en marchands. Ce fait est primordial, il n’y aurait pas eu de viticulture à Bordeaux, si auparavant, n’avait été créé une économie solide basée sur le commerce fluvial et maritime. La prospérité générée par cette activité permit à la ville d’attirer une population nombreuse, consommatrice de vin, et d’avoir des entrepreneurs capables de développer une viticulture dont ils pouvaient assurer la commercialisation. Ils importent alors cette fameuse basilica, variété aux grappes assez petites, dont Pline disait qu’ « elle passe bien la fleur car elle est hâtive et résiste au vent et à la pluie, est meilleure en région froide que chaude » qui venait des sols maigres de l’Espagne du nord. A Burdigala, elle devint la biturica qui donne un vin qui se garde longtemps et se bonifie au bout de quelques années selon l’agronome latin Columelle. L’aristocratie des négociants en vin bordelais commercialisera très vite ses propres produits et va régner en maître sur l’emporion pour quelques siècles. Le jus de la biturica régalera la table des plus humbles comme celle des Césars et remplira les verres de tous les amateurs de bon vin du IIème siècle à nos jours. Le terme biturica perdurera, ainsi au XVIème siècle, les paysans appelaient encore ce cépage la bidure, et encore au XXème siècle croissent sur certains terroirs girondins le grande et la petite vidure.
Sans ces Bituriges Vivisques, hommes libres et entreprenants, Bordeaux ne serait pas ce qu’elle est. En se librérant de la tutelle économique des romains, ils ont permis l’essor de leur ville Burdigala.
Sans ces Bituriges Vivisques, hommes libres et entreprenants, Bordeaux ne serait pas ce qu’elle est. En se librérant de la tutelle économique des romains, ils ont permis l’essor de leur ville Burdigala.
Nous voulons qu’ils restent pour nous un exemple.
Ségolène Lefèvre
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